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Soudan du Sud: pénurie sur les marchés des monts Nuba

Soudan du Sud: pénurie sur les marchés des monts Nuba

Une ville frontalière du Soudan du Sud. ©ONU/Martine Perret

L'aviation soudanaise a repris ses bombardements sur les monts Nuba, une zone entre le Soudan et le Soudan du Sud contrôlée par des rebelles sud-soudanais mais que Khartoum tente de reprendre depuis maintenant cinq ans. Dans cette zone difficile d'accès et très escarpée, les militaires soudanais tentent de couper les voies d'approvisionnement.

Depuis le marché de Hadra, on distingue la ligne de front où les combattants du Mouvement de libération des peuples du Soudan Nord affrontent l'armée soudanaise. C'est par là également qu'arrivent les contrebandiers, pour approvisionner ce marché, le plus riche de tous les monts Nuba.
« Les soldats soudanais chassent les contrebandiers, explique ce vendeur qui préfère rester anonyme. Ils coupent les routes et tuent ceux qui essaient de passer. Ils veulent nous étouffer ici, nous laisser sans rien pour que nous n'ayons plus d’autre choix que de partir. C'est ce que j'essaye de faire, avec ma famille. »
Base arrière
Ce marché est aussi fréquenté par de nombreux rebelles. Partout, des soldats, kalachnikov en bandoulière, négocient des chaussures ou des vêtements neufs. Une sorte de base arrière que le Soudan voit d'un très mauvais œil. C'est aussi le seul moyen pour de nombreux civils de s'approvisionner, mais dans les monts Nuba, Khartoum ne fait aucune différence entre population et combattants.
Le début de la saison sèche signifie aussi la reprise des combats. Et ce blocus de l'armée soudanaise complique l'approvisionnement du marché. Les prix augmentent.
« Ce savon-là, je le vends 15 pounds soudanais, explique Aboubacar Anikou, un vendeur. C'est trois fois plus qu’avant. Le prix du bidon d'essence a doublé. Même moi j'ai du mal à m'en sortir car les contrebandiers augmentent leurs prix à cause des risques et ma marge de bénéfice diminue. »
Mauvaise saison des pluies
Drapée dans un foulard rose et bleu, Saïma Mahamat explique qu'il n'y a plus que des marchés désertiques sur la route. Des tomates, du citron, à cause de la mauvaise saison des pluies. « J'ai marché quatre jours pour venir ici. Il n'y a plus rien là d'où je viens, plus rien sur la route. Je n'ai pas d'autres choix. D'habitude j'amène des choses à vendre de mon village et je repars avec d'autres choses. Là, je n'ai rien à vendre. »
Dans les monts Nuba, en ce moment, le bien le plus rare, c'est le savon. Il est donc aussi le plus cher.

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