Accéder au contenu principal

En Colombie, le cannabis thérapeutique a de beaux jours devant lui

En Colombie, le cannabis thérapeutique a de beaux jours devant lui

media Une cinquantaine d'exposants se sont réunis du 22 au 25 novembre 2016 pour l'ExpoMedeWeed, à Medellin, en Colombie. RFI/Najet Benrabaa
Depuis décembre 2015, la Colombie autorise la culture du cannabis à des fins thérapeutiques. Entre législation et élaboration de produits, les commerces et les cultures commencent à s'étendre. Les publicités deviennent fréquentes. A Medellin, la ville colombienne numéro 1 en termes de consommation de cannabis, les entreprises ont eu leur premier salon international dédié à la marijuana thérapeutique. Un an après sa légalisation, où en est le développement du secteur en Colombie ?
De notre correspondante à Medellin
Traitements du cancer, de l'épilepsie et des scléroses : voilà les points forts défendus par les producteurs et les vendeurs de produits pharmaceutiques à base de cannabis. A Medellin, dans le quartier touristique de Poblado, une boutique a ouvert depuis quelques mois, sans complexe. Ces nouveaux commerces attendent uniquement l'autorisation signée par le gouvernement pour se développer.
Grow Pharmacy est l'une de ces entreprises : une pharmacie en ligne, 100% colombienne. Ses produits sont élaborés à base de marijuana cultivée dans la région du Cauca par la communauté indigène. Baume, crème anti-inflammatoire, huile à ingérer sont les best-sellers de la société. Transformés dans la ville de Cali, dans l'ouest du pays, ces produits seront bientôt commercialisés dans une boutique réelle. Jusqu'à présent, tout se faisait par internet.
Valentin Palacio Mendez, le directeur adjoint de Grow Pharmacy, affirme vendre en majorité l'huile extra vierge de cannabis qui se combine avec plusieurs produits. « Ce sont principalement pour des personnes qui ont des problèmes musculaires, une mauvaise digestion, qui dorment mal, qui ont des migraines ou des patients qui suivent des chimiothérapies. »
Le cannabis, « une plante “ sainte ” » pour les médecins

Dans cette entreprise, l'ensemble du processus est supervisé par l'organisme Salud Medicinal Cannabis. Luis Ernesto Gomez Castaño, le médecin en charge de cette expertise, est convaincu des bienfaits du cannabis. Ce professionnel d'une quarantaine d'années le prescrit déjà à ses patients.
« Le cannabis est une plante " sainte " pour nous les médecins. Dans une étude en cours depuis dix mois, nous suivons 143 patients atteints d'épilepsie. On constate que les patients qui faisaient sept à dix crises par jour n'en font plus qu'une ou deux. Personne n'a été intoxiqué par la marijuana. » Selon le médecin, le hashich est moins dangereux que les effets secondaires des médicaments que nous sommes habitués à consommer. Qui plus est, dans le cas d'un traitement, le haschich « ne drogue pas car on ne le fume pas, on l'ingère ».
Des démonstrations de produits étaient aussi organisées par les participants de l'ExpoMedeWeed. RFI/Najet Benrabaa
Premier salon international

Durant quatre jours, du 22 au 25 novembre, une cinquantaine d'exposants et de laboratoires, entre autres, qui participent au développement du cannabis thérapeutique se sont retrouvés à Medellin, lors de l'ExpoMedeWeed.
Ce salon est l'occasion de découvrir les multiples variétés de marijuana et leurs utilisations. Yeison B. Farjardo Sierra représente le laboratoire colombien Research Pharmaceutical : « Nous avons deux types d'extraits de cannabis. L'un pour un usage pharmaceutique en huile ou en forme sèche pour élaborer des comprimés ou des capsules. L'autre extrait sert à l'élaboration de formules dermatologiques pour des crèmes. Le cannabidiol CBD [un des composants du cannabis sans effet psychotrope] est transformé en crème. »
Le chanvre, plante multifonction
Son voisin de stand promeut la culture du chanvre industriel, une variante du cannabis faible en THC, principal actif responsable des effets psychotropes, mais riche en CBD. Il s'agit de l'entreprise italienne Biotecnica qui tente de lancer une filiale en Colombie. Viviana Reinoso, la représentante de la compagnie dans le pays, décrit les usages du chanvre industriel : « Nous avons quatre secteurs différents : la construction, l'alimentation, le textile et le cosmétique. Le chanvre industriel s'utilise pour tout. On peut faire de l'huile, des vêtements, des murs, des crèmes. En Colombie, on est encore en cours de légalisation. On fait des tests dans la région du Cauca pour cultiver ensuite. »
En juin 2016, la première compagnie à obtenir une licence d'exploitation était colombo-canadienne, le laboratoire PharmaCielo, installé dans la localité de Rionegro près de Medellin. Les autorités colombiennes n'ont pas fixé de limites aux licences. Au contraire, le ministère de la Santé souhaite « ouvrir ce marché émergent avec l'objectif de créer des emplois et améliorer les conditions de vie des communautés qui vivent de cette culture ». Prochain rendez-vous colombien pour le marché du cannabis thérapeutique : les 27, 28 et 29 mai 2017 pour la « Feria Copa Cannabica : El Copo », à Medellin.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

colliers en pagne

https://fr.pinterest.com/explore/le-style-africain/

Rentrée scolaire en RDC: l’Etat devrait «payer décemment les enseignants»

Rentrée scolaire en RDC: l’Etat devrait «payer décemment les enseignants» Par  Anne Cantener Diffusion : lundi 5 septembre 2016   Une salle de classe vide, lors de la rentrée scolaire à Kinshasa, RDC, le 5 septembre 2016. RFI/Sonia Rolley in Partager Réagir print C’est la rentrée des classes en RDC et l’opposition a appelé à ne pas envoyer les enfants à l’école. La société civile s'est jointe au mouvement notamment au Sud-Kivu pour réclamer une vraie gratuité de la scolarité. Actuellement, les parents contribuent au salaire des professeurs, à travers une prime qui vient s'ajouter à la rémunération versée par l'Etat. Maitre Patient Bashombe fait partie de la coordination de la société civile du Sud-Kivu. Pour lui, le versement de cette prime doit cesser.

La Conférence internationale d'appui au développement s'ouvre à Tunis

La Conférence internationale d'appui au développement s'ouvre à Tunis Le Premier ministre tunisien Yousseff Chahed aimerait attirer de nouveaux investisseurs étrangers dans son pays. © REUTERS/Zoubeir Souissi Par  RFI   Publié le 29-11-2016   Modifié le 29-11-2016 à 08:53 Des milliers d'investisseurs sont attendus à partir de ce mardi 29 novembre à Tunis pour la Conférence internationale d'appui au développement. Six ans après sa révolution, la Tunisie a plus que jamais besoin d'un soutien financier pour faire repartir son économie. Avec notre envoyée spéciale à Tunis,  Dominique Baillard Tous les principaux bailleurs sont présents : Banque mondiale, Banque européenne d’investissement, Banque africaine de développement.  Les pays amis aussi  sont là : les dirigeants de la France bien sûr (le premier pays investisseur), mais aussi de l’Algérie et du Qatar, qui vont intervenir ce matin à l’ouverture de la conférence. Il y a auss...