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Trump à la Maison Blanche: les grands électeurs vont-ils se révolter?


Trump à la Maison Blanche: les grands électeurs vont-ils se révolter?

mediaDonald Trump dispose en théorie de 306 grands électeurs. Reste que certains pourraient être tentés de ne plus lui accorder leur confiance.REUTERS/Lucas Jackson
La véritable élection présidentielle américaine a lieu ce lundi. Les Américains n’ont pas directement élu le président le 8 novembre dernier : c'est aux 538 grands électeurs que revient maintenant la charge de désigner le 45e président des Etats-Unis. Donald Trump en compte 306, plus donc que les 270 requis pour l’emporter. Mais comme Hillary Clinton l’a largement battu au suffrage universel - 2,8 millions de voix de plus -, un mouvement s’est formé pour tenter de convaincre le collège de refuser la présidence à Donald Trump.
Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet
Plus de cinq millions d’Américains ont signé une pétition demandant aux grands électeurs de voter « selon leur conscience ». Ceux-ci sont tenus de soutenir le candidat choisi par les votants dans leur Etat. Mais ils sont l’objet d’énormes pressions pour voter pour quelqu’un d’autre que Trump. Ils sont assaillis de lettres et de courriels, et certains ont même reçu des menaces de mort.
Des démocrates ont suggéré à leurs propres grands électeurs de voter pour un républicain comme John Kasich, dans l’espoir de retirer des voix à Trump.
Il faudrait en fait que 37 membres du collège électoral décident de ne pas respecter le résultat des urnes pour que l’élection du président soit confiée à la Chambre des représentants, Donald Trump tombant en dessous de la majorité requise des 270 voix.
Un scénario peu probable
Ce scénario, toutefois, est des plus improbables. « En temps normal, les grands électeurs doivent respecter le vote de chacun des Etats, confirme à RFI Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine à Paris X Nanterre. Ils n’ont pas beaucoup de liberté. Mais là, il y a une interprétation qui est possible sur l’éventualité que l’élection ait été influencée par une puissance étrangère [les soupçons se portant sur la Russie]. Peut-être que certains vont saisir ça mais très franchement, c’est une pratique qui est très rare. »
« Et pour des raisons politiques, on ne voit pas pourquoi des grands électeurs républicains, qui contrôlent les deux chambres du Congrès, qui ont tout à gagner à garder le système, se désolidariseraient de Trump », ajoute Pierre Guerlain.
De fait, pour le moment, un seul grand électeur du Texas, a annoncé qu’il abandonnerait Trump. Dans une tribune publiée début décembre dans le New York Times, Christopher Suprun expliquait pourquoi il ne voterait pas pour « quelqu'un qui montre chaque jour qu'il n'a pas les qualités requises pour la fonction présidentielle ».
« L'élection du prochain président n'est pas encore pliée. Les grands électeurs peuvent, en conscience, encore faire le bon choix pour le bien du pays », concluait-il.
Très actif, le groupe « Hamilton electors », soutenu notamment par le réalisateur Michael Moore, a de son côté appelé à des rassemblements lundi à travers le pays.
Dans le camp d'en face, Reince Priebus, le futur secrétaire général de la Maison Blanche a dénoncé une tentative « d'intimidation » des grands électeurs : « Certains ont reçu plus de 200 000 emails ». Mais il a jugé que cette stratégie était vouée à l'échec.
Lettre ouverte sur le piratage russe
Toujours est-il qu'au moins une dizaine de grands électeurs des deux partis ont demandé à en savoir plus sur le rôle de la Russie dans l’élection. Ils ont adressé une lettre ouverte à James Clapper, directeur sortant du renseignement américain, lui demandant d'être informés sur l'enquête en cours avant de passer au vote. Mais ce dernier a refusé de leur fournir des détails.
Selon un sondage, 52% des Américains seraient favorables à un report du vote d’aujourd’hui jusqu’à ce que le résultat des diverses enquêtes sur l’interférence de Moscou soit connu.

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