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Syrie, piratage: Obama enfonce le clou et charge la Russie

Syrie, piratage: Obama enfonce le clou et charge la Russie

mediaBarack Obama à Washington, le 14 décembre 2016.REUTERS
Lors de sa traditionnelle conférence de fin d'année, avant de s'envoler pour Hawaii où il passera les fêtes, Barack Obama a accusé le Kremlin d'interférence dans les récentes élections et condamné l'assaut sauvage sur Alep.
Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet
Pour Obama, pas de doute : l'ordre de pirater le comité central démocrate et les emails du directeur de campagne d'Hillary Clinton, John Podesta, venait directement du sommet, c'est-à-dire de Poutine lui-même : « Ce qui m'a préoccupé en particulier, c'était la possibilité d'un piratage de l'élection elle-même, [relatif] au comptage des bulletins. C'est pourquoi en septembre dernier quand j'ai vu Poutine en Chine, j'ai estimé que le moyen le plus sûr d'éviter ça était de lui en parler directement. Je lui ai qu'il devait tout stopper, faute de quoi il y aurait de sérieuses conséquences. Et de fait, il n'y a pas eu ensuite de manipulation sur le processus électoral. »
Seulement le site WikiLeaks a continué la diffusion des courriels piratés antérieurement.
Sur la question des représailles, le président américain est resté néanmoins très vague : « Notre objectif reste d'envoyer un message clair à la Russie, et à d'autres pays : il ne faut pas nous faire ça, parce que nous aussi nous pouvons réagir. Une partie de ce que pouvons faire sera fait publiquement, mais une autre partie fait de telle sorte que les Russes le sauront, mais pas le reste du monde. »
Obama a aussi invité Trump, qui dément toute implcation des Russes dans sa victoire, à coopérer à une enquête sur le sujet. Le chef de l'exécutif, citant un sondage, s'est aussi amusé du soudain engouement des républicains pour son homologue russe : « Plus d'un tiers des électeurs républicains approuvent Vladimir Poutine, l'ancien chef du KGB... Ronald Reagan doit se retourner dans sa tombe. »
Regrets
Barack Obama a aussi évoqué le martyre de la population d'Alep, dont l'entière responsabilité incombe, selon le locataire de la Maison Blanche, au régime syrien et à ses alliés, Moscou et Téhéran : « Le monde, à l'heure où nous parlons, est horrifié devant la sauvagerie de l'assaut conduit par le régime syrien et par ses alliés russe et iranien, contre la ville d'Alep. Nous avons assisté à une stratégie délibérée pour encercler et affamer des civils innocents, le personnel médical et humantaire a été visés sans interrupttion des quartiers entiers ont été réduits en poussière. Il s'agit là de terribles violations des lois internationales. La responsabilité de cette brutalité incombe entièrement au régime syrien et à ses alliés, la Russie et l'Iran. Tout ce sang et ces atrocités sont sur leurs mains. »
Barack Obama a néanmoins exprimé ses regrets de n'avoir pu faire plus pour mettre fin à la crise syrienne, mais il estime qu'au regard des circonstances, il a pris les meilleures décisions possibles en aidant les rebelles anti-Assad et en essayant de trouver une solution politique plutôt que militaire.

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