Accéder au contenu principal

Syrie: le Conseil de sécurité de l’ONU vote l’envoi d’observateurs à Alep

Syrie: le Conseil de sécurité de l’ONU vote l’envoi d’observateurs à Alep

mediaLe Conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité la résolution prévoyant l'envoi d'observateurs onusiens dans la ville syrienne d'Alep, le 19 décembre 2016.REUTERS/Andrew Kelly
Le Conseil de sécurité a décidé lundi 19 décembre de déployer des observateurs onusiens à Alep. Ces observateurs seront chargés d’y superviser les évacuations et d’évaluer la situation des civils. Cette décision a été votée à l’unanimité, y compris par la Russie qui soutient le régime du président syrien Bachar el-Assad.
L’adoption de cette résolution, proposée par la France, marque le premier signe d’unité depuis des mois entre les grandes puissances mondiales aux prises avec un conflit qui a déjà fait plus de 310 000 morts depuis mars 2011. La Russie avait menacé d'opposer son veto.
Cette résolution demande au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, de faire déployer rapidement à Alep le personnel humanitaire de l’ONU déjà présent en Syrie « pour une surveillance adéquate, neutre et une observation directe » de « l’évacuation des parties assiégées d’Alep ».
Le régime syrien minimise
Les observateurs sont donc censés superviser les évacuations pour éviter toute exaction de la part des soldats du régime syrien ou de ses alliés. Or, l'ambassadeur pour la Syrie auprès de l'ONU a affirmé qu'ils auraient « nettoyé » Alep d'ici lundi soir. Il a aussi minimisé la portée de cette résolution en indiquant que les observateurs étaient déjà sur place, qu'ils faisaient déjà ce travail d'observation. Et que le régime syrien les avait protégés depuis le début de la guerre.
L'ambassadrice américaine, Samantha Power a, quant à elle, insisté sur le fait que les observateurs doivent pouvoir protéger ceux qui partent, comme aussi ceux qui restent. C'est à dire qu'ils doivent non seulement pouvoir monter à bord des bus qui transportent les civils, mais aussi entrer à l'intérieur des quartiers assiégés d'Alep-Est, chose qui jusqu'à maintenant leur était interdite.
Pour l'instant seule une centaine d'observateurs sont présents à Alep-Ouest. Il n’est pas certain que d'autres seront envoyés sur place, et surtout il est bien indiqué dans le texte que tous les belligérants doivent « faciliter » l'accès des observateurs, ce qui n'est pas garanti. Le régime syrien a déclaré qu'il acceptait la résolution, mais parmi ses alliés, cela pourrait être plus compliqué.
L'accord de « toutes les parties » sur place est nécessaire
Car encore faut-il que les milices et les soldats syriens et russes qui contrôlent maintenant les accès à Alep-Est acceptent la mise en œuvre de la résolution. C'est un des compromis qui a été fait aux russes lors des négociations pour obtenir leur vote positif. Le texte appelle au déploiement de ces observateurs avec l’accord de toutes les parties. Toutes ces parties ce sont les milices iraniennes et irakiennes et les soldats syriens qui combattent pour maintenir Bachar al-Assad au pouvoir.
Les Russes ont les plus grandes difficultés à les contrôler et c'est l'une des raisons qui peut expliquer ce vote positif de Moscou alors que les Russes s'étaient opposé jusqu'à présent à toutes les résolutions concernant la Syrie.
Mais pour que ce texte ait un réel impact sur les populations civiles il faudra donc que « toutes les parties » acceptent sa mise en œuvre rapide. Et cela sera autrement plus compliqué, explique Marie Bourreau,notre correspondante à New York.

Une résolution bien accueillie sur le terrain
Abou el Haythem el Hour est militant de l’opposition en Syrie. Il se trouve actuellement aux côtés des civils évacués dans la campagne à l’ouest d’Alep et selon lui cette nouvelle est très bien accueillie. « Le déploiement d’observateurs internationaux qui veilleront au bon déroulement des opérations d’évacuation est une bonne nouvelle pour nous, témoigne-t-il. Jusque-là, le régime syrien, les Iraniens et les Russes, n’ont pas véritablement respecté la trêve. Durant les premiers jours de l’évacuation il y a beaucoup d’entraves. Parfois il y a eu des tirs, un civil a d’ailleurs été tué, des secouristes des Casques Blancs ont été blessés, et plusieurs personnes ont été arrêtées. Ensuite il y a aussi des exécutions sommaires, des civils ont aussi rackettés, dépouillés de tous leurs biens. Et donc l’arrivée d’observateurs qui seront en quelque sorte les garants du bon déroulement de l’évacuation et bien cela nous rassure la population. »
Chronologie et chiffres clés

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Rentrée scolaire en RDC: l’Etat devrait «payer décemment les enseignants»

Rentrée scolaire en RDC: l’Etat devrait «payer décemment les enseignants» Par  Anne Cantener Diffusion : lundi 5 septembre 2016   Une salle de classe vide, lors de la rentrée scolaire à Kinshasa, RDC, le 5 septembre 2016. RFI/Sonia Rolley in Partager Réagir print C’est la rentrée des classes en RDC et l’opposition a appelé à ne pas envoyer les enfants à l’école. La société civile s'est jointe au mouvement notamment au Sud-Kivu pour réclamer une vraie gratuité de la scolarité. Actuellement, les parents contribuent au salaire des professeurs, à travers une prime qui vient s'ajouter à la rémunération versée par l'Etat. Maitre Patient Bashombe fait partie de la coordination de la société civile du Sud-Kivu. Pour lui, le versement de cette prime doit cesser.

Mondial 2018: la RDC se fait peur mais s’impose en Guinée

Mondial 2018: la RDC se fait peur mais s’impose en Guinée Par  Farid Achache Publié le 13-11-2016  Modifié le 13-11-2016 à 22:29 Yannick Bolasie a inscrit le deuxième but de la RDC face à la Guinée. AFP PHOTO / ADRIAN DENNIS Malgré une première période difficile et un but de la Guinée sur penalty à la 23e minute, la RDC est revenue dans son match en seconde mi-temps pour s’offrir une victoire à l’extérieur (2-1) ce dimanche 13 novembre. Neeskens Kebano et Yannick Bolasie sont les deux buteurs congolais. Mise sous pression par la victoire de la Tunisie contre la Libye (1-0), la RD Congo devait s’imposer à Conakry en Guinée ce dimanche 13 novembre pour rester en tête du groupe A des éliminatoires du Mondial 2018. Sauf que le Syli National, déjà dos au mur, devait lui aussi absolument se relancer à domicile. Une RDC en souffrance en première période Dès l’entame de la rencontre, les Guinéens se sont portés à l’avant et ont tenté crânement leur chance face à l'une ...

Thaïlande: la junte impose une éducation militaire dès le jardin d'enfants

Thaïlande: la junte impose une éducation militaire dès le jardin d'enfants Par Arnaud Dubus Publié le 26-12-2016 Modifié le 26-12-2016 à 12:02 Vue aérienne de Bangkok. @monasie.com En Thaïlande, la junte au pouvoir a lancé un programme de militarisation dans plusieurs jardins d’enfants, afin de renforcer le patriotisme dès l’âge de quatre ou cinq ans. Les enfants doivent se livrer à des exercices physiques et à des récitations de « valeurs morales » édictées par le régime militaire. De notre correspondant à Bangkok, C'est un programme d’endoctrinement. Il est coordonné par une unité de l’armée de terre dans les jardins d’enfants de la province de Kanchanaburi, dans l’ouest thaïlandais. Les enfants sont revêtus d’uniformes militaires. Ils doivent faire des exercices physiques, comme ramper sous des filets ou ...