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RDC: la difficile tâche du nouveau gouvernement

RDC: la difficile tâche du nouveau gouvernement

Mardi 20 décembre, des violences ont éclaté en RDC faisant au moins 11 morts, selon l'AFP. L'ONG Human Rights Watch parle elle d'au moins 26 morts. Tout rassemblement de plus de dix personnes était interdit, avait prévenu la police (Lingwala, Kinshasa).
© REUTERS/Robert Carrubba

En RDC, Joseph Kabila a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement dans la nuit de lundi à mardi, quelques minutes avant la fin théorique de son mandat. Un nouveau gouvernement, alors que les discussions entre majorité et opposition sont toujours en cours sous l’égide de l’église catholique et alors que l’opposant historique Etienne Tshisekedi a appelé hier, mardi, à la résistance pacifique et à ne pas reconnaître l’autorité du chef de l’Etat au-delà de son mandat. Dans ce contexte d’incertitude et de tensions, ce nouveau gouvernement d’union nationale va-t-il permettre de calmer les esprits (et de gérer la transition jusqu’à la tenue de nouvelles élections) ? Rien n’est moins sûr.

Hier, mardi 20 décembre, le nouveau Premier ministre Samy Badibanga a eu beau appeler au calme, à la paix et à la retenue, le climat est resté explosif à Kinshasa, la capitale, mais aussi Lubumbashi, Boma ou encore Matadi.
Soixante sept ministres en tout composent cette nouvelle équipe gouvernementale, assez hétéroclite. Un record en République démocratique du Congo, et sans aucun doute une contrainte pour agir vite. Il y a aussi le moment choisi pour nommer ce gouvernement de cohésion nationale, en pleine nuit, juste avant la fin théorique du mandat de Joseph Kabila et alors que les discussions entre pouvoir et opposition pour trouver une sortie de crise sont encore en cours. Les discussions sous médiation des évêques doivent reprendre ce mercredi.
Autant d’éléments qui entament la légitimité déjà fragile de ce gouvernement où ne sont représentés que les signataires d’un premier accord politique. Aucun ténor de l’opposition donc.
La communauté internationale elle aussi demande à être convaincue avant de coopérer. L’Allemagne, par exemple, a déjà annoncé suspendre tous ses programmes d’aide à la RDC jusqu’à l’obtention d’un consensus politique. Même son de cloche du côté de la France, du Royaume-Uni ou de la Belgique.
En attendant, les principales inquiétudes sont avant tout sécuritaires. Interdiction de manifester, accès à internet limité, arrestations arbitraires (plus d’une centaine dans tout le pays depuis vendredi selon les Nations unies) et l’Onu qui se plaint aussi d’un accès dégradé aux prisonniers et à la morgue… A voir si le nouveau gouvernement va s’atteler à résoudre ces problèmes.

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