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Libye: Mokhtar Belmokhtar blessé mais

Mokhtar Belmokhtar, dans une vidéo non datée et diffusée, après le 16 janvier 2013.
© REUTERS/Belmokhtar Brigade/Handout

Près d'un mois après un mystérieux raid aérien mené conjointement par les Etats-Unis et la France qui d'après une source américaine lui aurait coûté la vie, le terroriste algérien Mokhtar Belmokhtar en aurait finalement une fois de plus réchappé. Le site «Middle East Eye» affirme que le jihadiste serait blessé mais bien vivant, une conviction partagée par les services de renseignement algériens.

Un mois après le mystérieux raid aérien du 15 novembre dans le Sud libyen, peu de choses concernant les circonstances du bombardement ont filtré. Aux Etats-Unis toutefois, un responsable américain confirmait dès le 28 novembre dernier, que la France aidée par les Etats-Unis avait mené une frappe aérienne visant le jihadiste algérien, Mokhtar Belmokhtar, chef du groupe Al Mourabitoune affilé à l'organisation al-Qaïda pour le Maghreb islamique (Aqmi).
Aujourd'hui le site d'information en ligne Middle East Eye, assure que chef terroriste est encore en vie, mais qu'il a été blessé, les services de renseignement algériens en seraient en tout cas persuadés. Le site parle d'un tir de drone américain, jusqu'alors la possibilité d'une frappe dite « coopérative », alliant chasseurs français, et drones d'observations américains a été avancée.
Une frappe dans le sud libyen
« Il a bien été visé par une frappe aérienne en novembre dernier mais il a réchappé à ce raid ». Ces propos recueillis par le site d'information viendraient d'une source sécuritaire algérienne. Un raid français ? Probablement. Une chose est sûre, la France ne serait pas lancée dans une telle opération d'élimination, dans le sud de la Libye, avec les risques politiques que cela comprend, si elle n'était pas sûre de frapper une cible importante.
Une intervention au sol de commandos spécialisés aurait certainement permis une meilleure discrimination et une exploitation plus rapide des indices, mais elle aurait aussi impliqué des risques plus importants, tant d'un point de vue opérationnel que politique. En effet en juillet dernier, la mort de trois membres du service action de la DGSE en mission secrète près de Benghazi avait suscité la colère du gouvernement d'union national libyen, officiellement soutenu par Paris. Depuis un mois, les responsables politiques français évitent donc soigneusement d'évoquer le raid aérien secret sur Sebha. « Je n'infirme, ni ne confirme, ni ne commente », a déclaré lapidairement la semaine dernière le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, au Forum Paix et sécurité en Afrique organisé à Dakar.
Recherché depuis 20 ans par tous les services
Peu de temps après l'intervention militaire française dans le nord du Mali début 2013, Mokhtar Belmokhtar est localisé en Libye. Si durant Serval, les forces françaises et/ou tchadiennes parviennent à éliminer Abdelhamid Abou Zeid, un autre ancien du GSPC algérien, passé à AQMI, Mokhtar Belmokhtar échappe aux forces antiterroristes de la région, et aurait même participé en personne à la sanglante prise d'otage d'in Amenas en Algérie.
En juin 2015, Belmokhtar se retrouve dans le viseur des bombardiers américains. Il est directement visé sur le sol libyen, dans un raid conduit cette fois près d'Agdabiya à 160 km au sud de Benghazi. « Les Américains avaient mis le paquet, le site a été complétement détruit, il s'en est sorti, mais a été blessé, c'est à peine croyable », confie à RFI une source proche des renseignements français. Le même scénario s'est-il reproduit près de Sebah dans l'extrême sud Libyen le mois dernier ? 
Middle East Eye assure que Belmokhtar a été grièvement blessé. Il a dû être, « immobilisé par de graves blessures au dos, souffrirait de brûlures ou/et aurait été touché au pied par un éclat », selon le témoignage de l'infirmier nigérien qui l'aurait soigné dans la palmeraie de Ghadames. Le site explique enfin que Mokhtar Belmokhtar a été visé avec « d'autres terroristes », or coïncidence ou pas, un certain Abu Talha al Libi considéré comme un cadre de l'EI pour la Libye, qui s'était replié dans le Sud après les combats à Syrte a précisément été donné mort aux côtés de six de ses hommes lors du raid du 15 novembre.

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