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La Russie, l’Iran et la Turquie veulent un cessez-le-feu «élargi» en Syrie

La Russie, l’Iran et la Turquie veulent un cessez-le-feu «élargi» en Syrie

mediaLes ministres iranien, russe et turc des Affaires étrangères ce mardi 20 décembre à Moscou.REUTERS/Maxim Shemetov
La Russie et l'Iran, alliés de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles syriens, se sont réunis ce mardi 20 décembre à Moscou. Les trois s'engagent à faciliter la mise en place d'un cessez-le-feu dans l'ensemble du pays et à organiser des négociations de paix au Kazakhstan, sous leur propre responsabilité.
A l’issue d’une réunion tripartite des ministres russes, turcs et iraniens des Affaires étrangères et de la Défense, Sergueï Lavrov a présenté une « déclaration commune » sur la Syrie. Le chef de la diplomatie russe a indiqué que les trois pays ont convenu de l’importance d’élargir le cessez-le-feu en Syrie, ainsi que de garantir un accès sans obstacle à l’aide humanitaire et à la libre circulation des populations. Ils ont par ailleurs souligné être prêts à être les « garants » de négociations de paix entre le régime syrien et l’opposition.
Selon eux, leur déclaration ne s'oppose pas aux négociations sous l'égide des Nations unies qui doivent s’ouvrir à Genève le 8 février. Mais pour Sergueï Lavrov, les trois pays réunis à Moscou sont plus efficaces. « J'estime que le format le plus efficace est celui que vous voyez devant vous maintenant. Ce n'est pas une tentative de jeter une ombre sur les efforts de nos autres partenaires de progresser dans le règlement de la crise syrienne, c'est la constatation d'un fait. Actuellement, notre troïka Iran-Russie-Turquie prouve sur le terrain qu'elle est d'actualité », a-t-il affirmé.
Le poids de la Turquie
Cette déclaration a d'autant plus de poids qu'elle est signée par la Turquie, l'un des principaux soutiens de la rébellion syrienne, analyse François Burgat, spécialiste du Proche-Orient et auteur de Pas de printemps pour la Syrie aux éditions La Découverte. Car sans son aide, les groupes rebelles pourraient se retrouver dans la situation dans laquelle étaient les Aleppins assiégés. « Les moyens de Erdogan pour les amener à faire un certain nombre de concessions sont importants », estime François Burgat.
Le chercheur évoque ainsi la possibilité d’une « surprise totale » au sujet du sort de Bachar el-Assad. « Je pense que s’ils (les Russes) avaient un peu d’intelligence politique, ils se paieraient le luxe suprême d’infléchir la trajectoire politique du président Bachar el-Assad et donc de trouver une porte de sortie qui aurait le minimum de crédibilité pour que l’opposition la considère comme raisonnablement sérieuse », avance François Burgat.
Mais à Moscou, la question ne semble pas être à l’ordre du jour. Selon Sergueï Lavrov, les trois pays sont d'accord sur le fait que la priorité aujourd'hui en Syrie doit être de lutter contre le terrorisme, pas d'orchestrer un changement de régime à Damas, rapporte notre correspondant à Moscou, Muriel Pomponne. Il a ainsi implicitement critiqué la position d'Ankara qui souhaite le départ de Bachar el-Assad. Le ministre turc des Affaires étrangères a pour sa part souligné qu'il fallait arrêter de soutenir « tous les groupes étrangers » combattant en Syrie, visant implicitement le Hezbollah libanais et les milices chiites irakiennes armées par les Iraniens.

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