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Gambie: la communauté internationale maintient la pression sur Jammeh

Mohammed Ibn Chambas, le représentant des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest (g) avec des membres de la délégation de la Cédéao, le 13 décembre à Banjul.
© REUTERS

La communauté internationale espère encore convaincre Yahya Jammeh de quitter le pouvoir en Gambie. Après avoir reconnu sa défaite à l'élection du 1er décembre, le président a finalement dénoncé les résultats. Il a saisi hier la Cour suprême pour demander l'annulation du scrutin, alors même qu'une délégation de la Cédéao était en visite à Banjul.

La diplomatie n'a pas donné grand-chose pour l'instant, mais la Cédéao va poursuivre ses efforts. « Cela ne peut pas aboutir en un seul jour, explique la présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf, qui conduit la délégation ouest-africaine arrivée mardi à Banjulil faut y travailler. » La question sera samedi au cœur d'un sommet de l'organisation ouest-africaine. En attendant, ce sont les Nations unies qui prennent le relais.
Le représentant de l'ONU en Afrique de l'Ouest a été très clair ce mercredi. « Yahya Jammeh doit être prêt à céder le pouvoir à la date prévue », c'est-à-dire le 18 janvier prochain, a insisté Mohamed Ibn Chambas, prévenant que le président sortant sera « sévèrement sanctionné » s'il ne respecte pas ce délai.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a insisté quelques heures plus tard en appelant à une transition dans les temps et dans les formes prévus par la loi. Il a également condamné l'intervention de la police mardi à Banjul. Au moment où les quatre chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest arrivaient à Banjul pour une visite officielle, Yahya Jammeh a fait boucler le siège de la Commission électorale.
Le casse-tête de la Cour suprême
Comme le président sortant l’avait annoncé, son parti a également saisi la Cour suprême pour demander l’annulation des résultats de la présidentielle, arguant que la Commission électorale n’avait « pas correctement compilé les résultats ». Mais la Cour n’est pas au complet, et la question de la nomination de ses membres fait débat. Car si la procédure embarrasse les diplomates, tous reconnaissent qu'elle est parfaitement légale : il revient bien au chef de l'Etat de désigner les membres de la Cour suprême.
Yahya Jammeh va donc choisir les juges chargés de décider de son avenir. Dès aujourd’hui, les avocats et l'opposition ont évoqué des risques concernant l'indépendance de la Cour et la transparence de la décision à venir. Mais une source aux Nations unies estime qu'il ne sera pas si facile pour le président sortant de trouver ces fameux juges, et encore moins de les amener à annuler l'élection présidentielle.
D'autant plus que le temps presse, car le mandat de Yahya Jammeh prend fin le 18 janvier. A partir de là, plusieurs solutions. Premier cas de figure, la Cour suprême demande de nouvelles élections. Auquel cas un nouveau scrutin pourrait être organisé sous supervision internationale, rien n'est établi pour l'instant. Deuxième option, la Cour confirme la victoire d'Adama Barrow. Troisième possibilité, elle n'a pas encore rendu sa décision et Yahya Jammeh sera quand même obligé de quitter le pouvoir.
Recours ou pas, tant que les résultats de la Commission électorale ne sont pas officiellement invalidés, Adama Barrow est élu président et est censé entrer en fonction le 18 janvier.

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