Accéder au contenu principal

France: Le Pen critiquée pour ses propos sur la scolarité des enfants étrangers

France: Le Pen critiquée pour ses propos sur la scolarité des enfants étrangers

media La candidate du Front national à la présidentielle de 2017 Marine Le Pen, le 8 décembre 2016. REUTERS/Benoit Tessier
Marine Le Pen a été vivement critiquée après ses propos le 8 décembre prônant la fin de la scolarisation des enfants en situation irrégulière et une « contribution » pour ceux dont les parents en situation régulière ne travaillent pas. La candidate du Front national à la présidentielle a déclaré : « Je n’ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : "Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement. Maintenant c’est terminé, c’est la fin de la récréation !" ».
Refuser de scolariser les enfants étrangers en situation irrégulière va contre « toutes les conventions internationales dont la France est signataire », dont la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, a dénoncé la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem.
On estime à 50 000 le nombre d’enfants scolarisés de parents en situation irrégulière.
« La proposition la plus insensée et la plus ignoble jamais entendue »
Clotilde Maillard, membre du Réseau Education sans frontières, affirme, au micro de RFI : « C’est anticonstitutionnel. Il n’y a aucune raison pour qu’on fasse payer l’école publique, gratuite, laïque et obligatoire. C’est un acquis qui a 150 ans maintenant et jusqu’ici, c’était peut-être un des fondements les plus solides de la République française : le droit à l’éducation. Le droit à l’éducation, c’est le droit de s’en sortir, c’est le droit de ne pas être obligé de travailler quand on est tout petit. Parce que des enfants qui ne seront pas scolarisés, qu’est-ce qu’ils vont faire ? Qu’est-ce que ça va donner ? Ils vont rester là de toute façon. Les parents vont rester là, et ça va donner des hordes d’enfants qui vont être surexploités, bien évidemment. Il va bien falloir qu’ils travaillent. Quant à ceux qui ne travailleront pas, je ne sais pas trop ce qu’ils vont devenir. »
Et Clotilde Maillard d'ajouter : « Quant à faire payer la scolarité aux parents étrangers en situation régulière qui ne travaillent pas, ça aussi, ça fait partie des choses parfaitement anticonstitutionnelles puisqu’ils ont le droit de rester là, les parents. Ils ont un titre de séjour. C’est, je crois, la proposition la plus insensée et la plus ignoble, la plus effroyable que nous n’avons jamais entendue à Réseau Education sans frontières. »
« Un enfant n’est pas responsable de la situation de ses parents »
Didier Maus, professeur de droit constitutionnel à l'université d’Aix-en-Provence, affirme également que cette mesure est inconstitutionnelle : « Je ne vois pas la possibilité de dire : les jeunes Français iront à l’école publique gratuitement, les étrangers en situation régulière devront payer. Là, ça me paraît contraire aux principes d’égalité, indépendamment de toute considération sur le droit à l’éducation. »
Au micro de RFI, il poursuit : « Sur l’autre aspect qui est le problème des étrangers en situation irrégulière, et notamment les enfants de personnes en situation irrégulière, il y a un principe fondamental dans la Constitution qui est le droit à l’éducation. Et je vois mal comment le législateur français, et ensuite le Conseil constitutionnel, pourraient dire : au motif que vos parents ne sont pas en situation régulière, vous n’avez pas le droit d’apprendre à lire, à écrire et à compter. Par définition, un enfant n’est pas responsable de la situation de ses parents. »
L’interdiction de l’accès à l’école aux enfants étrangers en situation régulière figurait déjà en 2012 au programme du Front national. La « cotisation » demandée aux parents en situation régulière qui ne travaillent pas est en revanche une nouveauté. Le programme de la candidate du FN pour la présidentielle de 2017 devrait être dévoilé fin janvier.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Pays-Bas: interdiction du voile intégral dans certains lieux publics

Pays-Bas: interdiction du voile intégral dans certains lieux publics Par  RFI Publié le 29-11-2016  Modifié le 29-11-2016 à 19:36 Femme portant un niqab Steve Evans/Wikimedia Commons Les députés néerlandais ont adopté mardi un projet de loi interdisant le port du voile islamique intégral dans des lieux publics comme les écoles, les hôpitaux et les transports en commun, des lois similaires existant déjà dans plusieurs pays européens. Avec notre bureau à Bruxelles C'est par une large majorité, 132 voix sur 150 que l'interdiction a été votée par les députés de la deuxième chambre des États-généraux, la chambre basse du Parlement néerlandais. En théorie, il n'y a aucune connotation religieuse à cette loi, selon le projet défendu par le Premier ministre Mark Rutte. Les députés néerlandais ont choisi le même type de motivation que les parlementaires belges il y a cinq ans, à savoir des raisons de sécurité. Cette loi ne s'applique pas dans la rue mais dans une ...

Au Mexique, la hausse du prix des carburants passe vraiment très mal

Au Mexique, la hausse du prix des carburants passe vraiment très mal Par RFI Publié le 09-01-2017 Modifié le 09-01-2017 à 07:03 Manifestation contre la hausse du prix des carburants à Mexico, le 8 janvier 2017. «Dehors Peña»: certaines pancartes ciblent le président. REUTERS/Edgard Garrido Au Mexique, la mobilisation continue face à la hausse du prix des carburants. Ce week-end, des dizaines de milliers de Mexicains ont manifesté dans plusieurs villes du pays, pour demander au gouvernement de faire marche arrière sur sa décision d'augmenter de 15 à 20 % les prix à la pompe depuis le 1er janvier. Une hausse consécutive à la libéralisation du secteur pétrolier, votée par le Parlement en 2013, mais qui ne passe pas du tout auprès de l'opinion publique. Avec notre correspondante à Mexico,  Emilie Barraza Le...

Madagascar: la Croix-Rouge en quête d’une nouvelle façon d’aider les populations

Madagascar: la Croix-Rouge en quête d’une nouvelle façon d’aider les populations Une vue de la capitale Antananarivo à Madagascar. © REUTERS/Thomas Mukoya Par  RFI   Publié le 30-11-2016   Modifié le 30-11-2016 à 13:23 Depuis trois ans, une crise alimentaire sévère en partie liée à la sécheresse sévit dans le sud de Madagascar. Pourtant chaque année, c'est le même branle-bas de combat d'ONG qui apportent leurs aides en urgence. Le rendez-vous annuel du Fonds de la Croix-Rouge française se tient jusque ce mercredi 30 novembre à Antananarivo. Que faire pour ne plus agir uniquement dans l'urgence, mais sur le long terme ? Une solution a été présentée. Dans le monde, sur 100 dollars  dépensés en aides internationales , seulement 40% sont investis pour prévenir et réduire les risques de catastrophe. Et pour cause : on associe souvent l'humanitaire aux situations d'urgence. Pourtant, pour le professeur Jean-François Mattei, président ...