Accéder au contenu principal

«Etre étudiant au Mali», le livre des frasques de l'enseignement supérieur

Boubacar Sangaré: «Je parle des problèmes auxquels les étudiants sont confrontés: les bourses qui n’arrivent pas à temps, les grèves interminables (...), les années académiques tronquées, le népotisme, la corruption, le favoritisme.»
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Au Mali, la vie étudiante est faite de grèves, de bourses en retard, de notes que l’on peut acheter. C’est du moins ce que dénonce un étudiant qui a décrit les frasques de la vie estudiantine malienne au gré de nombreuses chroniques humoristiques dans les journaux locaux. Ces chroniques sont désormais compilées dans un vivre intitulé Etre étudiant au Mali.

Les chroniques de Boubacar Sangaré sont souvent drôles. Parfois, elles sont plus acerbes, comme lorsqu’il découvre qu’à la fin de l’année, professeurs, dirigeants et même associations d’étudiants se regroupent dans un juteux business d’achat de diplômes, l'un des nombreux problèmes de la vie d’étudiant au Mali.
« Dans ce livre, je parle des problèmes auxquels les étudiants sont confrontés ; les bourses qui n’arrivent pas à temps, les grèves interminables - celles des étudiants et celles des profs -, les années académiques tronquées, le népotisme, la corruption, le favoritisme... C’est de ces choses-là dont je parle », explique l'auteur.
Boubacar Sangaré est parti près d’un an aux Etats-Unis pour enseigner le français, avant de revenir à Bamako. Il est revenu avec une certitude : le matériel ou l’argent ne suffiront pas à faire changer les choses : « Je n’accuse pas que les professeurs et l’Etat. Nous, les étudiants, avons aussi une grande part de responsabilité dans la situation qui prévaut au niveau de l’université. »
« La prise de conscience, plaide Boubacar Sangaré, elle doit se faire à tous les niveaux.  Aujourd’hui, cela ne sert à rien de faire des réformes, d’amener des bibliothèques, de construire des infrastructures, tant que les mentalités ne changent pas. Sinon, on ne bougera pas d’un iota. »
L’auteur ne se fait pas d’illusions. Peu de chance que son livre devienne un best-seller. L’étudiant malien a d’autres priorités, dit-il. Mais le livre sera au moins présent dans certaines bibliothèques universitaires.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Au Mexique, la hausse du prix des carburants passe vraiment très mal

Au Mexique, la hausse du prix des carburants passe vraiment très mal Par RFI Publié le 09-01-2017 Modifié le 09-01-2017 à 07:03 Manifestation contre la hausse du prix des carburants à Mexico, le 8 janvier 2017. «Dehors Peña»: certaines pancartes ciblent le président. REUTERS/Edgard Garrido Au Mexique, la mobilisation continue face à la hausse du prix des carburants. Ce week-end, des dizaines de milliers de Mexicains ont manifesté dans plusieurs villes du pays, pour demander au gouvernement de faire marche arrière sur sa décision d'augmenter de 15 à 20 % les prix à la pompe depuis le 1er janvier. Une hausse consécutive à la libéralisation du secteur pétrolier, votée par le Parlement en 2013, mais qui ne passe pas du tout auprès de l'opinion publique. Avec notre correspondante à Mexico,  Emilie Barraza Le...

Madagascar: la Croix-Rouge en quête d’une nouvelle façon d’aider les populations

Madagascar: la Croix-Rouge en quête d’une nouvelle façon d’aider les populations Une vue de la capitale Antananarivo à Madagascar. © REUTERS/Thomas Mukoya Par  RFI   Publié le 30-11-2016   Modifié le 30-11-2016 à 13:23 Depuis trois ans, une crise alimentaire sévère en partie liée à la sécheresse sévit dans le sud de Madagascar. Pourtant chaque année, c'est le même branle-bas de combat d'ONG qui apportent leurs aides en urgence. Le rendez-vous annuel du Fonds de la Croix-Rouge française se tient jusque ce mercredi 30 novembre à Antananarivo. Que faire pour ne plus agir uniquement dans l'urgence, mais sur le long terme ? Une solution a été présentée. Dans le monde, sur 100 dollars  dépensés en aides internationales , seulement 40% sont investis pour prévenir et réduire les risques de catastrophe. Et pour cause : on associe souvent l'humanitaire aux situations d'urgence. Pourtant, pour le professeur Jean-François Mattei, président ...

Etats-Unis: lutte d'influence en cours au Pentagone avant l'arrivée de Trump

Etats-Unis: lutte d'influence en cours au Pentagone avant l'arrivée de Trump Par RFI Publié le 08-01-2017 Modifié le 08-01-2017 à 11:36 Le président élu des Etats-Unis au moment de dévoiler son choix pour le poste de secrétaire à la Défense, James Mattis, le 19 novembre 2016 au Trump International Golf Club dans le New Jersey. Drew Angerer/Getty Images/AFP Donald Trump n'a pas encore pris ses fonctions de président des Etats-Unis. Et son secrétaire à la Défense, le général James Mattis, n'a pas encore été confirmé à son poste. Mais déjà, des tensions seraient perceptibles entre les deux hommes. Avec notre correspondant à Washington,   Jean-Louis Pourtet Le général Mattis , surnommé « le chien enragé » pour sa valeur au combat en Afghanistan et en Irak, n'est pas du genre à se laisser forcer la ma...