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En Guinée, la Cour constitutionnelle face à des divisions internes

La ville de Conakry, capitale de la Guinée.
© CC/Wikimedia Commons

En Guinée, rien ne va plus entre le président et les commissaires de la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays. Kéléfa Sall, élu à l'unanimité il y a plus d'un an et considéré comme un fervent défenseur de la démocratie dans son pays, est contesté par la majorité des commissaires de cette institution.

Un an après l’investiture d’Alpha Condé, pour son second et constitutionnellement dernier mandat, la Cour constitutionnelle de Guinée connaît de nos jours de multiples remous. A l’origine, selon les observateurs, la déclaration historique de son président Kéléfa Sall, à l’occasion de la cérémonie d’investiture du président guinéen devant un parterre de chefs d’Etat africains.
Ce jour-là, Kéléfa Sall demandait humblement à Alpha Condé : « Evitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance, gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes, car si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant ». Mais, puisque les sirènes révisionnistes se sont mises en branle depuis quelques mois et que les ambitions ou tentatives hésitantes ne manquent pas, quelques conseillers de cette haute juridiction bénéficiant, selon les propres termes de l’un d’eux, d’un appui certain veulent évincer « le téméraire et légaliste Kéléfa Sall ».
Une récente sortie publique du ministre de la Justice Cheick Sako est tout aussi menaçante contre le président de la Cour constitutionnelle : « Dans un organe constitutionnel, il n’y a pas que le président. Il est important qu’on travaille en collégialité. [...] Et là, je m’adresse à toutes les institutions, y compris la Cour constitutionnelle ».
Désormais, les réunions de la Cour se font en l’absence du président alors que, selon la loi organique, il doit présider toutes les réunions et signer les ordonnances.

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