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Algérie-Nigeria: où en est le projet de route transsaharienne ?

Algérie-Nigeria: où en est le projet de route transsaharienne ?

Lors du premier forum d'investissement et d'affaires en Afrique organisé à Alger, le 3 décembre 2016.AFP/Ryad Kramdi

    C'est un projet-phare porté par l'Algérie. Un réseau de quatre branches routières pour desservir 9.500 kilomètres d'Alger au Nigéria, en passant par la Tunisie, le Mali, le Niger et le Tchad et qui doit à terme être accompagné tout au long de la fibre optique. Les Etats et des institutions telles que la Banque africaine de développement en sont les principaux financeurs. L’enjeu, booster les très faibles échanges commerciaux entre cette partie du Maghreb et l'Afrique subsaharienne.

    envoyée spéciale à Alger,
    Selon l'Algérien Mohamed Ayadi, secrétaire général du comité de liaison de la route transsaharienne [présidé par l’Algérie et qui regroupe des représentants des six Etats traversés par la route], « les 4500 km sont pratiquement terminés. La branche qui fait 1000 km et va vers Tunis, c’est fini. Celle qui va au Mali est un peu en retard à cause des problèmes sécuritaires que l’on sait. Au Tchad, la moitié des 600 km à réaliser est terminée. Pour le reste, les financements ont été trouvés. Enfin, en Algérie, 200 km seront terminés fin 2017-début 2018. »
    La « Transsaharienne », c'est la promesse d'une ouverture sur la mer pour les pays enclavés, un coût des transports réduit et donc une meilleure compétitivité. Sauf que pour le moment, la réalité est plus nuancée. « On a, par exemple, des marchandises qui doivent partir de Tunisie vers le Tchad et pour lesquelles l’Algérie ne donne pas l’autorisation de transit, déplore Amir Adoudou Artine, président de la Chambre de commerce et d'industrie du Tchad. Nous sommes obligés de détourner toutes ses marchandises vers le port de Douala. Alors que la route est physiquement là », conclut-il.
    Harmoniser le cadre règlementaire
    Des couacs attribués au climat d’insécurité dans le Sahel, qui met les services de sécurité algériens « sur les dents », comme le décrit Mohamed Ayadi du Comité de liaison de la route transsaharienne.
    Mais il n’y a pas que la question sécuritaire qui ralentit la mise en place du projet et la fluidité des passages. Le cadre légal aussi gagnerait à être harmonisé. « Un projet comme la Transsaharienne a besoin de mécanismes harmonisés pour permettre aux biens et aux sociétés de faire du transport de Lagos à Alger. Si les conventions [de l’ONU sur le transit de marchandise] ne sont pas appliquées, ça ne marche pas », explique Habib Turki, chargé Afrique à l'Union internationale des transports routiers. L’expert préconise de mettre en place -en l’adaptant- le régime de transit « TIR » (Transports Internationaux routiers) basé sur une convention de l’ONU et qui garantit que des conteneurs sous scellés douaniers peuvent traverser les pays sans être contrôlés à nouveau à chaque frontière. Sans cela, prévient-il, la route transsaharienne restera un serpent de mer.

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