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Cuba: le rôle décisif de Fidel Castro dans l’histoire de l’Angola Le leader cubain, Raul Castro reçoit le président angolais, José Eduardo dos Santos à la Havane, le 18 juin 2014. © AFP PHOTO/ADALBERTO ROQUE Par RFI Publié le 27-11-2016 Modifié le 27-11-2016 à 14:39 A Cuba, la mort de Fidel Castro, dans la nuit de vendredi au samedi 26 novembre, à la Havane, à l’âge de 90 ans, a également suscité les hommages de l’Angola au père de la Révolution cubaine. L'ensemble du MPLA, le parti au pouvoir, lui rend hommage et le président José Eduardo dos Santos se dit « profondément attristé » par la disparition du leader cubain. Fidel Castro a joué, en effet, un rôle décisif dans l'histoire du pays. En novembre 1975, Luanda est coupée du monde. Privée d’eau et d’électricité, la ville est prête à tomber aux mains des guérilleras pro-occidentales. D’un côté, l’Unita soutenue par l’Afrique du Sud et les Etats-Unis et de l’autre, le FNLA appuyé par le Zaïre. Ensemble, ils contrôlent la majorité du territoire angolais mais l’arrivée des Cubains va faire basculer l’histoire. On raconte que Fidel Castro lui-même dirigeait, depuis La Havane, « l’opération Carlota », la plus importante de son Histoire. L’intervention cubaine permet au MPLA de proclamer l’indépendance le 11 novembre 1975 mais ne met pas fin à la guerre civile et les « Barbudos », comme on les appelle, restent en Angola jusqu’en 1988. A cette date, la bataille de Cuito Cuanavale ouvre la porte à l’indépendance de la Namibie et à la chute de l’apartheid en Afrique du Sud. Près d’un demi-million de Cubains se sont embarqués dans cette « Odyssée africaine », pour reprendre le titre d’un documentaire qui retrace cette épopée. Documentaire interdit de diffusion, en Angola, car les autorités estiment que le rôle du président dos Santos y est minimisé au profit du leader cubain. Mais qu’est-ce qu’on faisait là-bas ? La journaliste Jihan El Tarhi s’est penchée sur l'engagement du régime castriste en Afrique dans un documentaire intitulé Cuba, une épopée africaine, sorti en 2007. Elle pointe une contradiction que constitue l’implication cubaine en Angola. « L’Angola et les Cubains, c’était un peu le bourbier. Ils y sont restés de 1975 jusqu’en 1988. Ils ont perdu beaucoup d’hommes ; ils ont perdu beaucoup d’argent et cela a causé énormément de dommages à leur économie. Encore aujourd’hui, les Cubains se posent la question. « Mais qu’est-ce qu’on faisait là-bas ? ». L’idée même de l’internationalisme et l’idée de solidarité avec les pauvres a été questionnée à cause de la guerre civile. En même temps, l’Angola reste leur plus grande victoire. C’est assez contradictoire mais le passage en Angola a marqué tout le monde. C’était vraiment le moment charnière de la Guerre froide et, quand ils signent les accords, en 1988, ce sont les débuts de la fin de la Guerre froide », a-t-elle expliqué à RFI.

Le leader cubain, Raul Castro reçoit le président angolais, José Eduardo dos Santos à la Havane, le 18 juin 2014.
© AFP PHOTO/ADALBERTO ROQUE

A Cuba, la mort de Fidel Castro, dans la nuit de vendredi au samedi 26 novembre, à la Havane, à l’âge de 90 ans, a également suscité les hommages de l’Angola au père de la Révolution cubaine. L'ensemble du MPLA, le parti au pouvoir, lui rend hommage et le président José Eduardo dos Santos se dit « profondément attristé » par la disparition du leader cubain. Fidel Castro a joué, en effet, un rôle décisif dans l'histoire du pays.

En novembre 1975, Luanda est coupée du monde. Privée d’eau et d’électricité, la ville est prête à tomber aux mains des guérilleras pro-occidentales. D’un côté, l’Unita soutenue par l’Afrique du Sud et les Etats-Unis et de l’autre, le FNLA appuyé par le Zaïre. Ensemble, ils contrôlent la majorité du territoire angolais mais l’arrivée des Cubains va faire basculer l’histoire. On raconte que Fidel Castro lui-même dirigeait, depuis La Havane, « l’opération Carlota », la plus importante de son Histoire.
L’intervention cubaine permet au MPLA de proclamer l’indépendance le 11 novembre 1975 mais ne met pas fin à la guerre civile et les « Barbudos », comme on les appelle, restent en Angola jusqu’en 1988.
A cette date, la bataille de Cuito Cuanavale ouvre la porte à l’indépendance de la Namibie et à la chute de l’apartheid en Afrique du Sud. Près d’un demi-million de Cubains se sont embarqués dans cette « Odyssée africaine », pour reprendre le titre d’un documentaire qui retrace cette épopée. Documentaire interdit de diffusion, en Angola, car les autorités estiment que le rôle du président dos Santos y est minimisé au profit du leader cubain.
Mais qu’est-ce qu’on faisait là-bas ?
La journaliste Jihan El Tarhi s’est penchée sur l'engagement du régime castriste en Afrique dans un documentaire intitulé Cuba, une épopée africaine, sorti en 2007. Elle pointe une contradiction que constitue l’implication cubaine en Angola.
« L’Angola et les Cubains, c’était un peu le bourbier. Ils y sont restés de 1975 jusqu’en 1988. Ils ont perdu beaucoup d’hommes ; ils ont perdu beaucoup d’argent et cela a causé énormément de dommages à leur économie. Encore aujourd’hui, les Cubains se posent la question. « Mais qu’est-ce qu’on faisait là-bas ? ». L’idée même de l’internationalisme et l’idée de solidarité avec les pauvres a été questionnée à cause de la guerre civile. En même temps, l’Angola reste leur plus grande victoire. C’est assez contradictoire mais le passage en Angola a marqué tout le monde. C’était vraiment le moment charnière de la Guerre froide et, quand ils signent les accords, en 1988, ce sont les débuts de la fin de la Guerre froide », a-t-elle expliqué à RFI.

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