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Etats-Unis: les premières mesures anti-avortement de Donald Trump

Etats-Unis: les premières mesures anti-avortement de Donald Trump

mediaLe décret du président Trump supprime tout financement fédéral pour les organisations internationales qui soutiennent l’avortement.REUTERS/Joshua Roberts
Donald Trump a annoncé ses premières mesures anti- avortement. Un décret qui rétablit une loi interdisant la promotion de l’interruption volontaire de grossesse pour toutes les organisations qui bénéficient de financements américains à l’étranger.
Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio
C’était un gage donné aux conservateurs et aux évangélistes dont Donald Trump a sollicité les voix pour gagner la présidentielle : la Maison Blanche annonce sa première mesure visant à réduire l’accès à l’interruption volontaire de grossesse.
Le décret du président Trump supprime tout financement fédéral pour les organisations internationales qui soutiennent l’avortement. Soutenir signifie informer sur l’IVG, promouvoir l’avortement ou donner aux femmes qui le souhaitent des adresses de médecins qui pratiquent l’intervention.
« C’est le premier coup de boutoir contre la liberté », s’émeuvent le planning familial et nombre d’associations aux Etats-Unis. Ces dernières craignent la fermeture de centres de santé maternelle financés par la coopération américaine dans les pays les plus pauvres : un budget de 607 millions de dollars en 2016.
Au lendemain d’une marche des femmes qui a rassemblé plus d’un million de personnes, les féministes redoutent aussi la nomination du prochain juge à la Cour suprême, un juge qui, Donald Trump l’a promis, fera son possible pour revenir sur le droit à l’avortement aux Etats-Unis.

■ Une régression pour la présidente de CHANGE, Serra Sippel
Ce décret constitue une régression pour Serra Sippel, présidente du Centre pour l'égalité des soins et des genres à Washington (CHANGE) : « Cette mesure a été créée pour la première fois en 1984 par Ronald Reagan. L'administration Clinton l'a supprimée, puis Georges W. Bush l'a réintroduite, et elle a de nouveau été levée par le président Obama. Nous savons par des études qui ont été menées quelles ont été les conséquences de la mise en œuvre de cette politique: elle a empêché les femmes d'avoir accès à la contraception, on a pu l'associer à un taux d'avortement plus élevé, elle a entravé les efforts de lutte contre le VIH Sida, elle a contribué à la fermeture de cliniques, et elle a empêché les femmes d'avoir accès aux services d'avortement sans risques. Donc c'est très inquiétant pour ne pas dire absurde qu'en 2017, le président des Etats-Unis réintroduise une politique dont on a prouvé qu'elle mettait en danger la vie et la santé des femmes et des jeunes filles. »
Le décret mettra en péril des programmes partout dans le monde
« Au cours des dernières décennies, les programmes de santé au niveau international sont devenus de plus en plus intégrés, interconnectés : ils traitent tout aussi bien la santé des femmes, plus largement de la famille, et on a donc en même temps le planning familial, les services de santé liés à la procréation, le VIH Sida, les services de prévention, d'accès aux préservatifs, les soins maternels sans risque, tout est lié.
Donc l'impact de cette mesure se ressentira énormément sur la santé des femmes, lorsque cette partie du financement par le gouvernement américain s'arrêtera. Cela aura non seulement un impact sur l'accès aux services du planning familial, mais aussi l'accès aux services de prévention du VIH. Cela affectera même de façon négative la rapidité et l'efficacité de notre aide humanitaire.
Et puis Trump a signé ce décret le lendemain de notre anniversaire de l'arrêt Roe contre Wade qui a légalisé l'avortement aux Etats-Unis, et deux jours après la marche des femmes non seulement aux Etats-Unis mais aussi ailleurs dans le monde. Donc sa réponse est effrayante, et cela annonce ce à quoi on peut s'attendre dans les quatre prochaines années, je pense que ce n'est que le commencement. »

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