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Fipa 2017: «La télévision ne va pas mourir»

Fipa 2017: «La télévision ne va pas mourir»

media Affiche (détail) de la 30e édition du Festival international de programmes audiovisuels (FIPA) qui aura lieu du 24 au 29 janvier 2017 à Biarritz. Fipa
Face au bouleversement numérique, à l’éclatement des programmes, à la réalité virtuelle et augmentée, la télévision est condamnée à se transformer ou à mourir. La 30e édition du Festival international de programmes audiovisuels (Fipa) ouvre ce mardi 24 janvier ses portes à Biarritz, avec 130 films inédits. Le Fipa est la vitrine des meilleurs programmes de télévision dans tous les genres et provenant cette année de 33 pays dont l'Afrique du Sud, l'Algérie et le Kenya : de la fiction en passant par les séries et les documentaires jusqu’aux grands reportages et courts métrages, sans oublier la narration au-delà de l’écran, montrée au Smart Fipa. Entretien avec le délégué général François Sauvagnargues.
RFI : La 30e édition du Fipa ouvre avec Tantale, un film interactif de Gilles Porte où le public décidera via smartphone de la suite de l’histoire. Est-ce cela, l’avenir de la télévision ?
François Sauvagnargues : Cette année, on a voulu commencer avec un film interactif où le spectateur décide de l’évolution de la narration, avec plusieurs choix sur la durée du film, mais aussi, parce que c’est un film qui a été coaché au Fipa Smart, il y a quatre ans. Donc ce film fait aussi le lien avec toute la partie professionnelle montrant justement toutes ces nouvelles écritures et ce lien avec la technologie.
L’invité d’honneur de cette 30e édition est le Canada avec cinq films en compétition (Lâcher prise, An Eye for an Eye, Angry Inuk, Der Stehgeiger, le violoniste debout, Halcyon). Qu’apporte ce pays de l’Amérique du Nord comme expertise pour la création de la télévision d’aujourd’hui ?
Le Canada vient avec une délégation importante, une trentaine de personnes, à la fois pour montrer des contenus canadiens, les programmes qui sont dans la compétition, mais aussi un hommage à plusieurs festivals, par exemple Hot Docs, le plus grand festival de films documentaires en Amérique du Nord, à Toronto, et les Rencontres internationales du documentaire à Montréal (Ridm). C’est l’occasion de regarder de plus près ce qui se fait au Canada en matière du numérique, car le Canada a quelques longueurs d’avance sur l’Europe.
Dans quels domaines le Canada est-il en avance par rapport à l’Europe ?
Notamment dans tout ce qui concerne le lien entre l’audiovisuel et le secteur éducatif, avec des plateformes numériques éducatives. Il y aura des démonstrations et des retours sur l’expérience avec des gens qui s’en occupent. Il y a un programme, Planète Océan, qu’on fait circuler dans la région Aquitaine. C’est une manière de montrer la richesse des océans, à destination d’un public jeune et adolescent, avec un site internet, mais aussi des programmes immersifs et à 360°. C’est un peu le rôle du Smart Fipa et du Fipa Industry : regarder comment ces nouvelles formes d’expression arrivent à faire évoluer la création audiovisuelle.
La télévision se trouve dans une transformation profonde : les jeunes partent sur l’internet et les jeux vidéo, suivis de plus en plus par les annonceurs et la publicité ; en plus, des géants de l’économie numérique comme Netflix et Amazon commencent à produire des films et « manger » des parts de marché. Est-ce que la télévision est en train de mourir ?
La télévision ne va pas mourir, mais elle va se transformer et évoluer. C’est ce qu’on va essayer d’examiner dans le cadre du Fipa. Chaque année, on est là pour décrypter les évolutions et les tendances de la télévision et aussi regarder ce qui se passe en termes d’innovation. Cette année, il y a tout ce qui tourne autour des hologrammes. On va voir que les applications sont très concrètes aujourd’hui dans le cinéma ou dans les comédies musicales. La télévision reste vivante dans la mesure où elle produit des œuvres excellentes qui sont dans la sélection du Fipa : 130 programmes provenant de 33 pays. La télévision a cette capacité à rivaliser avec le cinéma.
L’Afrique est restée longtemps un sujet annexe au Fipa avec ici et là un film sur un sujet africain. Cette édition semble représenter un tournant avec une dizaine de films sur l’Afrique et faits par des réalisateurs africains. Comment expliquez-vous cette forte présence de l’Afrique cette année ?
Parce qu’on la cherchait. Cela fait des années qu’on se disait qu’il fallait absolument qu’on ait davantage de choses venant de l’Afrique. Cette année, il y aura, par exemple, une fiction kenyane très intéressante de Nick Reding. Watatu aborde un sujet controversé : la question de l’islamisme extrémiste au Kenya. Il y a aussi un documentaire de l’Afrique du Sud sur la situation des townships, Noma, de Pablo Pinedo Boveda. Et puis, notamment le film du Franco-Algérien Merzak Allouache, Tahqiq fel djenna, tourné en Algérie, une enquête sur la vision du paradis présentée par les prédicateurs salafistes du Maghreb et du Moyen-Orient. Un film intrigant et intéressant par les questions qu’il pose.
L’année dernière, le documentaire choc Salafistes de François Margolin et Lemine Ould Salem avait fait débat au Fipa. Cette année, il y a déjà un film censé d'attirer particulièrement l’attention du public ?
Il y a une offre très large dans tous les secteurs : le documentaire, le reportage, les films sur la musique, le blues, le rock, des voyages et des parcours incroyables. Mais, comme on parlait de l’Afrique : il y a un film qui va surement faire parler de lui, un film belge sur le Rwanda : Inkotanyi, de Christophe Cotteret, sur toute l’histoire du génocide au Rwanda, avec un point de vue qui donne largement la parole à. Paul Kagame [président rwandais depuis 2000, ndlr]. Donc, c’est sûr, en France, c’est un film qui fera parler de lui.

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