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«Wrong Elements», des enfants soldats se livrent à Jonathan Littell

«Wrong Elements», des enfants soldats se livrent à Jonathan Littell

media Nighty, une des quatre enfants soldats qui se livrent dans le documentaire « Wrong Elements » de Jonathan Littell. © Veilleur de nuit Zero One Film Wrong Men
Ces jeunes sont à la fois bourreaux et victimes. « Wrong Elements » est un film sur les enfants soldats de la LRA, l’Armée de résistance du Seigneur, en Ouganda, ce mouvement rebelle contre le pouvoir central de Yoweri Museveni, au début des années 1990. Le réalisateur, Jonathan Littel, prix Goncourt 2006 pour son roman « Les Bienveillantes », passe pour la première fois derrière la caméra avec ce documentaire incroyable qui sort ce mercredi 22 mars en salles.
« Je me suis habitué à tuer », dit ce jeune homme, sans marquer d’émotion, devant la caméra de Jonathan Littell. En tout, ils sont quatre, quatre ex-enfants soldats enlevés très jeunes et entrainés pour devenir des tueurs. L’auteur des Bienveillantes les suit dans leur village, puis en brousse, où il leur fait revivre leur expérience.
La caméra comme thérapie
Dans Wrong Elements, il y a des moments terribles, beaucoup de douleur, mais il y a aussi de la beauté dans la façon dont ces quatre jeunes, Geofrey, Nighty, Mike et Lapisa se livrent sans limites en utilisant la caméra comme une sorte de thérapie. « Nighty le dit très clairement dans le film : avant, je pensais que j’étais une sous-merde et grâce à ce film, j’ai compris que je suis quelqu’un d’important et que j’ai des choses à donner au monde. Elle le dit cash. Et j’ai trouvé ce moment absolument étonnant », confie Jonathan Littel.
L'histoire de l'Afrique
Wrong Elements est un documentaire sans complaisance sur ces jeunes à la fois bourreaux et victimes. Par l’attention qu’il leur porte, son humilité, la finesse de ses questions, Littell porte la lumière sur l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’Afrique, mais – et c’est la force de son film - il ne remplit sa mission d’information que pour mieux se pencher au bord des gouffres de la condition humaine.

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